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Parole d'experts

Achats publics : l’État fixe un cap plus simple, plus économe et plus souverain

À l’occasion des premières rencontres annuelles des achats de l’État, organisées le 15 décembre 2025 à Bercy, le Ministère de l’Economie a présenté une feuille de route ambitieuse pour la commande publique. Simplification des procédures, maîtrise des coûts, achats responsables et souveraineté européenne : des orientations structurantes qui concernent directement les établissements hospitaliers. 

Le 5 janvier 2025
Achats publics : l’État fixe un cap plus simple, plus économe et plus souverain

Une politique d’achat assumée comme levier stratégique

Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et de recomposition des chaînes de valeur, l’État affirme une ambition claire : faire de la commande publique un outil stratégique au service de la performance, de la transition écologique et de la souveraineté.

Les chiffres rappellent l’ampleur de l’enjeu. Avec 42 milliards d’euros d’achats annuels, le secteur hospitalier représente une part majeure de la commande publique nationale, estimée à 233 milliards d’euros.  

À ce titre, les hôpitaux sont directement concernés par les orientations nationales et par les attentes accrues en matière de performance, de traçabilité et de pilotage de la fonction achat.

Simplifier pour acheter mieux

La simplification des procédures est une orientation forte de cette feuille de route.  

Le relèvement de certains seuils, l’allègement des démarches et le déploiement prochain de l’outil numérique « Passe Marché » sont des mesures qui doivent faciliter l’accès à la commande publique, tant pour les acheteurs que pour les entreprises fournisseurs.

Pour les établissements hospitaliers, ces évolutions doivent permettre de gagner en réactivité dans la passation des marchés, de sécuriser les procédures et de fluidifier la relation avec les fournisseurs, notamment les PME. Ces mesures seront traduites dans les textes français et européens dans les prochains mois.

Maîtriser les dépenses sans renoncer aux priorités

La recherche d’efficience économique est clairement assumée, avec un objectif d’économies de 850 millions d’euros inscrit dans la trajectoire budgétaire prévisionnelle de l’État, des collectivités territoriales et de l’hôpital. Cette exigence s’accompagne d’une volonté renforcée de transparence des prix et de meilleure comparabilité des offres.

Pour les hôpitaux, cette orientation se traduira par une attention accrue portée à la justification des choix d’achat, à l’analyse économique des offres et au suivi de la performance des marchés.  

Les centrales d’achat sont appelées à jouer un rôle clé pour sécuriser les approvisionnements, mutualiser les volumes et garantir le juste prix, tout en améliorant leur transparence et la mesure de la satisfaction de leurs adhérents.

Achats responsables et souveraineté : des exigences durables

L’État s’est doté de son premier SPASER (Schéma de promotion des achats publics socialement et écologiquement responsables), fixant des objectifs précis en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’insertion sociale et de soutien à l’économie sociale et solidaire. Ces objectifs devront être pris en compte par l’ensemble des acheteurs publics dans l’élaboration de leurs politiques d’achat durable.  

Pour les établissements de santé, cela implique un renforcement des critères environnementaux et sociaux dans les marchés et un suivi plus structuré des indicateurs associés.  

Parallèlement, la souveraineté, notamment industrielle et numérique, devient un critère structurant de la politique d’achat. Les établissements sont encouragés à mobiliser les outils juridiques existants pour privilégier, lorsque cela est possible, des solutions françaises et européennes compétitives, en particulier dans les secteurs sensibles.

Une gouvernance nationale renforcée

Enfin, le pilotage de la commande publique sera consolidé par la mise en place d’un Conseil national de l’achat public, sous la houlette de la Direction des Achats de l’Etat et la Direction des Affaires Juridiques de Bercy.  Cette instance de coordination associera l’ensemble des acteurs de l’achat public, dont les centrales d’achat.

Pour les établissements hospitaliers, cette évolution vise à garantir une politique d’achat plus lisible, mieux pilotée et alignée avec les grands enjeux économiques, sociaux et environnementaux.