Pouvez-vous nous rappeler pourquoi les HCL ont eu recours au marché UniHA d’accompagnement au développement durable ?
Coralie Dobrenel, UniHA
Nous avons réalisé une première fois notre bilan carbone 3 scopes il y a trois ans. La réglementation impose aux établissements de santé de renouveler cet exercice tous les trois ans, il était donc temps de mettre notre bilan à jour. À la taille des HCL, c’est un exercice particulièrement complexe : il faut mobiliser de nombreux interlocuteurs en interne, collecter des données très variées et appliquer des facteurs d’émission spécifiques — notamment sur les médicaments et les dispositifs médicaux, ou encore sur des postes où nous devons travailler sur des hypothèses, comme les déplacements de nos visiteurs. Tout cela justifiait de faire appel à une expertise externe.
Julie Marconnet, HCL
Aviez-vous déjà travaillé avec un prestataire lors du précédent bilan carbone ? (C.D)
J.M, HCL Oui, et le marché UniHA nous a permis de travailler avec le même prestataire qu’il y a trois ans. C’est un élément extrêmement facilitant : nous avons commencé avec quelqu’un qui nous connaissait déjà, dans toutes nos complexités et nos zones d’amélioration. Nous n’avions pas à repartir de zéro. Nous avions même déjà esquissié ensemble des pistes d’amélioration pour ce nouveau bilan : autant d’éléments qui ont facilité le démarrage et nous ont fait gagner un temps précieux, à la fois sur la procédure d’adhésion et sur la mise en route opérationnelle.
Le marché UniHA nous a évité de passer par les procédures habituelles d’appel d’offres. C’était plutôt confortable !
Quels sont, selon vous, les principaux atouts de ce marché ? (C.D)
J.M, HCL Le premier point fort indéniable, c’est l’expertise. Le sujet carbone est très spécifique : il y a de vraies questions d’ingénieurs derrière, qui dépassent largement nos compétences internes.
Le deuxième point fort, c’est la qualité de l’accompagnement. On n’est pas dans une logique de « livrable » déposé entre nos mains : c’est une vraie co-construction, avec des échanges permanents pour vérifier que les données sont correctes, que l’on n’a pas de double compte, que rien n’est oublié. C’est une collaboration presque pas à pas.
Et enfin, le prestataire enrichit notre réflexion avec des retours d’expérience d’autres grands établissements de santé, comme l’AP-HM ou l’AP-HP, ainsi qu’avec une veille active sur les travaux de référence du secteur — notamment les publications du Shift Project.
Je voudrais ajouter un élément important sur la construction de ce marché : tous les prestataires retenus dans cette consultation sont des spécialistes, avec une vraie expertise sectorielle. C’est très différent des marchés de conseil généralistes. La combinaison entre des experts très calés sur leur sujet et une structure contractuelle souple — basée sur des unités d’œuvre — permet d’adapter précisément la mission aux besoins concrets de l’établissement. C’est ce qui rend cette offre particulièrement pertinente.
Jean-Yves Vadot, HCL
La construction du marché en unités d’œuvre a-t-elle été facile à appréhender ?
Marion Peuke, UniHA
J.M, HCL Honnêtement, ce n’était pas si simple au départ ! Ce format ne m’était pas familier en tant qu’utilisatrice interne. Nous avons passé du temps à discuter avec le prestataire pour bien comprendre à quoi correspondait chaque unité d’œuvre et comment les rapporter à ce que nous avions déjà fait il y a trois ans. Mais cette étape, menée de manière transparente et efficace, n’a pas été un frein. Elle a même permis de bien calibrer la mission par rapport à nos besoins réels.
Comment s’est passé concrètement l’adhésion et le lancement du marché ?(C.D)
J.M, HCL Cela a été assez fluide et rapide. Nous avons anticipé dès le mois de juin 2025 pour intégrer les contraintes liées aux congés d’été. La réunion de lancement a eu lieu en septembre 2025. L’équipe prestataire est composée de trois personnes : un pilote global et deux experts techniques. Ce trio assure un suivi très rigoureux. Depuis le début, les échanges sont très réactifs.
J-Y.D, HCL De mon côté, l’adhésion en elle-même n’a présenté aucune difficulté particulière. Nous sommes assez rodés. Depuis la mise en place des outils avec l’équipe UniHA, les adhésions se passent très bien, c’est fluide.
Où en êtes-vous aujourd’hui dans le déroulement du projet ? Respectez-vous le planning initial ?(M.P)
Nous sommes actuellement dans la phase de rédaction du bilan carbone global, tel qu’il sera déposé sur le site de l’ADEME. C’est l’objectif final de la mission. Et j’ai découvert il y a peu que nous étions même en avance sur le planning ! C’est assez rare sur ce type de sujet. Le prestataire a fait preuve d’une grande réactivité pour respecter nos échéances internes : j’avais par exemple une échéance au 31 mars pour le rapport d’activité des HCL, et ils ont tout fait pour que j’aie les éléments en temps et en heure.
Qu’est-ce que cette mission a déjà permis de déclencher concrètement au sein des HCL ? (C.D)
J.M, HCL Plusieurs choses. D’abord, la mise à jour du bilan carbone nous a permis de réviser nos plans d’action existants à l’aune des évolutions de ces trois dernières années, et de mesurer nos progrès. Ensuite, nous avons organisé des ateliers internes sur les postes les plus émissifs — mobilité, médicaments, dispositifs médicaux — qui ont permis de co-construire notre trajectoire de décarbonation à horizon 2030.
Ces ateliers ont donné lieu à un tableau d’actions avec, pour chacune, une mesure de son potentiel de décarbonation : cela nous permet de prioriser nos efforts.
Mais le résultat le plus important, c’est peut-être la remobilisation des équipes : le carbone, c’est quelque chose d’intangible qu’on ne mesure qu’une fois tous les trois ans. Ce projet remet le sujet à l’ordre du jour, valorise des contributions qui restent souvent invisibles — comme les énormes gains réalisés sur l’énergie ces dernières années — et donne des leviers d’action concrets à chaque groupement hospitalier.
Ce bilan valorise des contributions invisibles. Ça donne raison aux équipes qui ont travaillé dur dans l’ombre et ça remobilise tout le monde.
Un mot final à l’intention d’autres établissements qui hésiteraient à se lancer ? (C.D)
J.D Je dirais que la trajectoire de décarbonation et les efforts de réduction des impacts environnementaux sont essentiels pour les établissements de santé : nous avons de nombreux impacts, du carbone bien sûr, mais aussi les plastiques à usage unique, nos rejets dans l’eau, nos déchets… Sur le volet carbone spécifiquement, avoir un expert à ses côtés est vraiment un atout considérable. Et n’attendez pas d’y être obligé par la réglementation pour initier ces démarches : c’est maintenant qu’il faut s’y mettre.
Pour en savoir plus sur le marché
Oct. 2024 à Oct. 2028
Centrale d’achats
